
À côté de la Assemblée générale de la CEI 2025, Annette Frederiksen, membre du conseil d’administration du CENELEC, et Christian Marian, délégué permanent au conseil technique du CENELEC, présentent la politique, la réglementation et la normalisation européennes dans le domaine évolutif de l’électromobilité, des batteries et des TIC. L’atelier a été organisé par le Bureau des normes indiennes (BIS). �
Leur participation a été soutenue dans le cadre de l’initiative InDiCo-Global, qui favorise la coopération internationale en matière de normalisation, d’innovation et de développement industriel durable. L’Inde, qui est l’un des marchés de la mobilité et de la numérisation dont la croissance est la plus rapide au monde, est un pays clé dans ces évolutions mondiales.

Vue d’ensemble du panel
Les contributions ont été apportées dans le cadre de deux panels complémentaires: L’électromobilité? Politiques, réglementations et tendances futures? et? Façonner l’avenir des batteries: Innovations, normalisation et durabilité?
Panneau 1: Christian Marian sur la réglementation et les TIC
Lors de la première table ronde, Christian Marian a présenté la manière dont la réglementation et la normalisation européennes interagissent dans le domaine de l’électromobilité en lien étroit avec les TIC. Il a souligné l’importance du nouveau cadre législatif (NCL), qui sert de fondement à l’approche réglementaire de l’UE en garantissant la surveillance du marché, l’évaluation de la conformité et le marquage CE. Les normes harmonisées jouent un rôle central, car elles fournissent une présomption de conformité une fois citées au Journal officiel de l’Union européenne (JOUE). Le CEN, le CENELEC et l’ETSI apportent leur contribution en élaborant des normes européennes (EN) qui répondent aux exigences législatives et peuvent être référencées au JOUE.
Appliquant le principe? International First?le CENELEC cherche à adopter des normes CEI chaque fois que cela est possible et à ne les adapter que lorsque cela est nécessaire. Cette approche s’applique également au règlement de l’UE sur les batteries et au règlement sur le déploiement d’une infrastructure pour carburants alternatifs (AFIR), qui créent ensemble un cadre global reliant les exigences relatives aux produits, telles que la durabilité, la sécurité et la circularité, au déploiement des infrastructures, y compris les réseaux de recharge, les protocoles de communication et l’interopérabilité. Un autre élément clé est le passeport numérique des produits (PNP), introduit dans le cadre plus large du règlement sur l’écoconception pour des produits durables (REPD). Pour les batteries, cela prend la forme d’un passeport sectoriel pour les batteries, qui garantit la transparence du cycle de vie, favorise la circularité et renforce la traçabilité.
La numérisation et la durabilité sont interconnectées, ce qui rend les TIC et la cybersécurité essentielles au fonctionnement du PNP. Des normes solides en matière de TIC sont nécessaires pour l’interopérabilité, l’échange sécurisé de données et la résilience face aux cybermenaces. La coopération avec l’ETSI complète les travaux du CEN et du CENELEC, en particulier dans des domaines tels que les protocoles de communication, les services de confiance et les infrastructures sécurisées. Cet alignement contribue à transformer des objectifs stratégiques ambitieux, tels que parvenir à la neutralité carbone d’ici à 2050, en solutions techniques qui favorisent l’innovation tout en garantissant le respect de la législation.
Panneau 2: Annette Frederiksen sur les batteries
La deuxième table ronde, avec les contributions d’Annette Frederiksen, s’est concentrée sur les batteries et leur rôle dans la mobilité durable. Elle souligne l’importance du règlement de l’Union sur les batteries, publié en 2023, qui établit un cadre juridique unifié couvrant l’ensemble du cycle de vie des batteries mises sur le marché de l’Union. Le règlement s’applique à cinq catégories, dont les véhicules électriques, industriels, portables, SLI (démarrage, éclairage, allumage) et les moyens de transport légers (MTL), et met fortement l’accent sur les principes de durabilité et d’économie circulaire tout au long de la production, de l’utilisation et de l’élimination.
Les demandes de normalisation (SReqs) garantissent que de nouvelles normes sont élaborées lorsque cela est nécessaire pour étayer le règlement et fournir une présomption de conformité. L’un des principaux défis consiste à définir une répartition efficace des responsabilités entre la législation et la normalisation tout en garantissant l’alignement sur les cadres internationaux.
Une attention particulière a été accordée aux batteries pour vélos électriques, qui relèvent de la nouvelle catégorie des moyens de transport légers. L’électrification de la mobilité va au-delà des véhicules électriques et, sur des marchés tels que l’Allemagne, les ventes de bicyclettes électriques dépassent déjà celles des bicyclettes traditionnelles. De nouvelles normes sont en cours d’élaboration pour cette catégorie, portant sur la performance, la durabilité, l’état de santé et la durée de vie prévue. Le futur passeport des batteries constituera une pierre angulaire de ce système, en fournissant des données sur la traçabilité et la durabilité. Toutefois, des défis subsistent: l’UE finalise actuellement des documents d’orientation ainsi que des actes délégués et des actes d’exécution; plusieurs efforts de normalisation sont en cours et les délais de mise en œuvre sont serrés. La mise en place de l’infrastructure TIC pour le passeport des batteries nécessite également une coopération étroite entre les trois organismes européens de normalisation afin de garantir des cadres de données sûrs et fiables.

Sécurité et normes applicables aux batteries
La sécurité des batteries a été mise en avant comme une priorité absolue. Alors que les normes existantes, telles que la norme EN 50604-1 en Europe et la norme UL 2271 aux États-Unis, fournissent des cadres importants, un nouveau projet au niveau de la CEI, la norme CEI 63623-1, vise à créer une norme mondiale harmonisée en matière de sécurité des batteries pour les véhicules électriques légers. Cette initiative est coordonnée par un groupe de travail conjoint réunissant des experts des comités techniques sur les batteries, les vélos électriques et les transporteurs électriques. Étant donné que les vélos électriques sont de plus en plus utilisés, il sera essentiel de veiller au respect des normes de sécurité, ainsi que de sensibiliser les consommateurs aux pratiques correctes en matière de recharge et de manutention.
Alignement mondial au moyen de normes et d’une coopération
Les deux contributions européennes à la CEI GM 2025 ont souligné que la réglementation et la normalisation européennes ne sont pas tournées vers l’intérieur, mais visent à favoriser la coopération internationale. L’Inde, dont le secteur de la mobilité connaît une expansion rapide, est un partenaire stratégique pour le dialogue sur l’interopérabilité, la sécurité et la durabilité. Pour l’Europe, cela implique d’aligner les normes techniques sur les objectifs stratégiques tout en favorisant l’innovation. Pour les partenaires mondiaux, les approches européennes telles que le passeport des batteries et l’AFIR peuvent servir de points de référence, tandis que l’apprentissage mutuel favorise l’interopérabilité à l’échelle mondiale.
Le lien entre les TIC et la cybersécurité est particulièrement important, étant donné que la coopération entre le CENELEC, l’ETSI et la CEI garantit que les infrastructures numériques soutenant l’électromobilité sont non seulement interopérables, mais aussi sûres et résilientes. De cette manière, les contributions européennes à l’atelier sur l’électromobilité de la CEI GM 2025 ont montré comment les politiques, la réglementation et la normalisation convergent? non seulement pour le marché intérieur, mais aussi dans le cadre d’un effort mondial visant à promouvoir une mobilité durable, sûre et innovante.


