
La Journée internationale des femmes est l’occasion de reconnaître les progrès accomplis sur la voie de l’égalité entre les femmes et les hommes, mais aussi de réfléchir aux systèmes qui continuent de façonner les possibilités, la sécurité et la participation dans le monde entier. Parmi les moins visibles de ces systèmes figurent: normes: les règles communes qui permettent le commerce, la technologie, les services publics et les produits de la vie quotidienne. Loin d’être purement techniques, les normes fonctionnent comme des infrastructures essentielles au développement économique, à la confiance et à l’innovation dans l’ensemble des sociétés (Rapport sur le développement dans le monde 2025).
De nombreuses spécifications techniques ont toujours été conçues dans des contextes dominés par les hommes et fondées sur des corps, des expériences et des conditions de travail masculins. En conséquence, les équipements, les lieux de travail et même les mesures de sécurité peuvent ne pas refléter correctement les besoins des femmes, ce qui crée parfois des risques pour la santé et la sécurité (HesaMag 31, When? neutral? standards put women at risk (Quand? neutre? Les normes mettent les femmes en danger)).
Pour remédier à ces lacunes, il faut: normes tenant compte de la dimension de genre: approches qui intègrent les perspectives de genre, promeuvent une participation équilibrée à l’élaboration des normes, incluent un langage inclusif en matière de genre et utilisent des données appropriées pour veiller à ce que les résultats profitent à tous. Ces efforts contribuent directement à la réalisation Objectif de développement durable no 5 relatif à l’égalité entre les femmes et les hommes tout en renforçant une croissance inclusive et durable (Déclaration des Nations unies sur l’élaboration de normes et de standards tenant compte de la dimension de genre).
Une approche tenant compte de la dimension de genre reconnaît que les normes peuvent avoir des incidences différentes en fonction du genre et nécessite donc une prise en considération explicite des différences physiques, des rôles sociaux et des expériences des utilisateurs afin de garantir des résultats équitables pour tous. Il est important de noter que la prise en compte de la dimension de genre n’est pas automatique. Une composition équilibrée des experts ne garantit pas en soi des résultats inclusifs. Cela nécessite une prise de conscience, une expertise, des méthodes appropriées et l’utilisation de données représentatives (CEN et CENELEC).
L’objectif ne devrait donc pas se limiter à l’amélioration du contenu technique; il s’agit également de renforcer la capacité des institutions et des experts à appliquer ces approches efficacement. Les femmes, les jeunes et les parties prenantes des pays à revenu faible et intermédiaire restent sous-représentés dans l’élaboration des normes internationales. La participation limitée réduit la diversité de l’expertise en matière d’élaboration de normes et limite la capacité des pays et des communautés à bénéficier de l’innovation, du commerce et de la gouvernance fondés sur des normes. Dans le pire des cas, la sous-représentation ou les biais peuvent même causer un préjudice.
C’est là que coopération internationale et renforcement des capacités devenez décisif. La participation effective à la normalisation mondiale dépend de la solidité des organismes nationaux de normalisation, de la qualification des experts et du bon fonctionnement des infrastructures de qualité, des capacités qui se développent encore souvent dans certaines parties des pays à revenu faible et intermédiaire. Le renforcement de ces fondements permet une participation plus large à l’élaboration des règles internationales et contribue à faire en sorte que les normes favorisent des perspectives économiques équitables, des conditions de travail plus sûres et des progrès technologiques inclusifs.
InDiCo-Global, y compris les trois organismes européens de normalisation? CEN, CENELEC et ETSI — souligne qu’il importe d’intégrer l’égalité entre les hommes et les femmes dans cet effort plus large. En soutenant renforcement des capacités dans les régions partenaires, le projet travaille avec organismes nationaux de normalisation, chercheurs locaux et communautés de l’innovation développer les connaissances, favoriser une participation inclusive et renforcer les liens avec les processus internationaux de normalisation. Il est essentiel de donner à divers experts les moyens de contribuer à l’élaboration de normes pour faire en sorte que les normes mondiales reflètent les besoins réels de la société et permettent des trajectoires de développement durable.
Une participation inclusive à la normalisation est d’autant plus essentielle que le monde s’oriente vers la transformation numérique, l’action pour le climat et l’évolution des chaînes de valeur mondiales. Les normes dans ces domaines façonneront les économies et les sociétés futures; veiller à ce que les femmes et les groupes sous-représentés contribuent à leur conception est donc à la fois une question d’égalité et une condition préalable à des progrès résilients et largement partagés.
Faire progresser l’égalité au moyen de normes techniques n’est pas un geste symbolique. Il s’agit d’une voie pratique vers des lieux de travail plus sûrs, des économies plus fortes et des systèmes d’innovation plus inclusifs. Grâce à la coopération, à l’échange de connaissances et au renforcement des capacités, InDiCo-Global contribue à un avenir dans lequel les normes internationales sont façonnées par tous et fonctionnent pour tous.
Le message à relayer est le suivant: les normes inclusives constituent une base pour un développement inclusif et un objectif commun pour l’UE et ses partenaires à l’échelle mondiale.


